Verrue génitale chez l'enfant: cause sexuelle ?

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Question posée le 30/08/2012 par Anonyme

Bonjour, de retour de chez le dermato, je suis aterrée par le diagnostique : crête de coq en région périanal chez ma fille de 2 ans. Pour lui la cause est à 90% sexuel...ce qui sous entendu que ma fille aurait été abusée...suis choquée. Il y aurait il d'autre mode de contamination chez l'enfant??? merci

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4 réponses d'expert

Réponse envoyée le 30/08/2012 par Ancien expert Ooreka

Les condylomes de l'anus sont liés au papillomavirus humain (HPV) qui infecte le revêtement cutané. C'est effectivement une maladie sexuellement transmissible (la première en France), et si le mode de contamination le plus habituel est le contact vénérien direct (90% des cas environ selon l'INPES), la transmission par un contact indirect via un linge ou des mains souillées est toutefois aussi possible (10% des cas toujours selon l'INPES), ainsi que la transmission mère/enfant à l'accouchement (même si cela reste rare), le HPV étant par ailleurs très résistant. Le vrai problème est que la présence du virus HPV dans la peau sans lésion visible ou sa persistance après un traitement ayant été démontrée, il est possible que l'un des parents ou proches en soit porteur sain ou sans symptômes, et donc il est difficile de déterminer avec précision la date et le mode de transmission. Il est possible que le HPV ait été transmis lors d'un bain, d'une toilette, d'un changement de couche, aux toilettes, ou tout autre. Notez que l'on constate d'ailleurs du HPV chez l'enfant aussi sans que ce soit forcément des sévices sexuels. Sachez d'ailleurs que s'il y avait eu abus sexuel sur votre enfant de 2 ans, il y aurait d'autres éléments visibles que votre dermatologue aurait sans doute remarqué sans le moindre doute vu l'âge de votre enfant (notamment une dilatation de la cavité anale ou vaginale). A ce titre, je pense que "à 90% sexuel" dit par le dermatologue correspond aux proratas de modes de transmission constatés (c'est la proportion constatée), et non à une suspicion forte (le dermatologue aurait informé les services sociaux s'il avait eu un soupçon de sévice sexuel, c'est une obligation légale).

Je vous conseille de faire un diagnostic auprès de tous les membres de la famille pour voir s'il n'y a pas eu transmission non-sexuelle, et donc ainsi éviter les récidives (très très fréquentes). Si aucun parent proche ou personne susceptible d'avoir lavé votre enfant depuis sa naissance n'est porteur, alors là effectivement il faudra réfléchir aux autres modes de transmission possibles.

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Réponse envoyée le 30/08/2012 par Ancien expert Ooreka

Merci pour cette réponse qui me réconforte un peu mais pas à 100%. comment diagnostiquer le hpv sur les personnes de mon entourage?? et comment aborder le sujet avec les personnes qui ont été en contact avec ma fille? en ce qui me concerne, j'ai fait un frotti il y a 3 mois et il n'y avait rien à signaler. ce virus peut il par la suite se transfomer en cancer??

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Commentaire posté le 30/08/2012 par Anonyme

Le diagnostic se fait par observation directe et/ou à l'aide d'une solution (acide acétique) qui rend temporairement blanches les verrues, en tout cas concernant ce type de HPV (il y en a près de 70). Dans certains cas une recherche d'ADN virale est nécessaire.
Pour le fait de savoir comment présenter cette nécessité de test aux personnes en contact, il suffit de leur dire que l'enfant a été diagnostiqué mais ne sachant pas quand il a été contaminé (l'incubation, selon les génotypes, peut durer jusqu'à 4 ans), il vaut mieux qu'il fasse un test pour savoir s'ils sont porteurs ; rappelez-leur que l'on peut être porteur sans symptôme visible (la plupart des manifestations de HPV sont asymptomatiques), et que la présence de HPV (enfin, certains génotypes) sont le facteur obligatoire du cancer du col de l'utérus, qu'il est donc important de se faire dépister pour éviter d'en développer un ou le transmettre à son partenaire.

Tout ceci étant dit, il est primordial que les personnes en contact récurrent avec l'enfant (et notamment ceux qui la lavent) se fasse spécifiquement dépister afin d'éviter les risques de ré-inoculation. Vous y compris, puisque si un frottis n'a rien donné, cet examen n'est pas spécifiquement centré pour dépister le HPV et que quoi qu'il en soit, la contamination a pu être ultérieure : il est possible vous ayiez été infectée par le HPV en nettoyant votre enfant depuis le frottis.

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Réponse envoyée le 30/08/2012 par Ancien expert Ooreka

votre réponse est plutôt complète. donc si j'ai bien compris ce virus peut engendrer un cancer du col de l'utérus et il faut que je fasse tester les membres de ma familles dans un premier temps. a savoir que ma famille et moi même sommes les seules à donner le bain à ma fillle ce qui limite donc les porteurs potentiels.
Alors le mode de contamination n'est donc pas que sexuel? ouf. Ma fille est en phase d'apprentissage de la propeté ce qui l'oblige à aller aux toilettes publiques dasn certains cas. Mais d'après le dermato ce n'est pas un mode de contamination, ni même le fait d'avoir été à l'hopital il ya quelqus temps. elle aurait pu contracter le virus via le thermomètre rectal? pour lui cela est peu probable.
A ce jour le traitement est l'application d'une crème. puis en dernier recours le laser sous anesthésie générale. Après traitement, peut elle être contagieuse ? sera t'elle porteuse de ce virus à vie?

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Commentaire posté le 30/08/2012 par Anonyme

Les toilettes publiques et les instruments médicaux sont effectivement des modes peu probables : les WC sont bien souvent stérilisés automatiquement après chaque utilisation (en tout cas pour les sanisettes publiques) et les instruments à l'hôpital le sont systématiquement (ou sont à usage unique).
Effectivement si le contact vénérien direct (donc sexuel) est le principal, ce n'est pas le seul. Il peut y avoir transmission par autres contacts directs (peau à peau, le cas le plus fréquent alors étant avec des mains contaminés) ou via des linges qui ont été en contact. La transmission indirecte (via l'air ou l'eau) est en revanche quasiment impossible.
C'est effectivement contagieux, et il n'existe aucun traitement permettant la guérison d'une infection à papillomavirus et si la destruction des lésions visibles est simple, il se peut que le virus soit toujours présent même si les condylomes ont disparus après traitement. Les condylomes sont souvent très persistants et récurrents par ailleurs, il faut donc être vigilant et contrôler souvent.
Dans certains cas, une vaccination est possible. Il faut voir si le génotype ici présent est compatible avec ce vaccin.
Pour plus d'informations, je vous invite à consulter votre médecin traitant ou votre dermatogue, professionnels de santé les mieux placés et les plus compétents pour répondre plus profondément et précisément à vos interrogations (je ne suis pas médecin et quand-bien même, rien ne remplace une consultation médicale physique !).

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Réponse envoyée le 30/08/2012 par Ancien expert Ooreka

merci d'avoir pris le temps de me répondre...

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